Certaines situations reviennent régulièrement dans une vie : être interrompu, se sentir critiqué en public, être pris pour quelqu'un d'incompétent, attendre sans explication. Pour chacun, quelques déclencheurs précis reviennent plus que d'autres — souvent liés à une histoire personnelle plus ancienne.
Tenir une liste de ses propres déclencheurs — les trois ou quatre situations qui font systématiquement monter la tension plus vite que la moyenne — permet d'anticiper au lieu de subir. Une fois identifiés, on peut préparer une réponse à l'avance plutôt que de l'improviser en pleine activation.
Ce travail se fait bien dans un journal : noter, après chaque montée de tension, ce qui l'a précédée. Au bout de quelques semaines, un motif apparaît presque toujours.
Un homme qui identifie, par exemple, que les critiques faites devant d'autres personnes sont son déclencheur principal peut anticiper une réunion difficile en se préparant mentalement à l'avance : « si une remarque de ce type arrive aujourd'hui, je respire et je réponds plus tard plutôt qu'immédiatement. » Cette préparation change radicalement la façon dont la situation est vécue sur le moment.
Cette cartographie des déclencheurs gagne à être partagée, au moins partiellement, avec les proches concernés : un partenaire informé qu'une remarque sur les finances est un déclencheur sensible peut choisir d'aborder le sujet différemment, sans que cela nécessite d'éviter le sujet indéfiniment. La transparence sur ses propres vulnérabilités facilite souvent la coopération de l'entourage.
Il est utile de distinguer les déclencheurs qu'on peut réellement anticiper et préparer de ceux qui, par nature, restent imprévisibles. Pour les premiers, une réponse préparée à l'avance fonctionne bien ; pour les seconds, l'objectif réaliste n'est pas de les éliminer, mais de réduire le temps de récupération une fois qu'ils sont survenus.
Exemple : Julien identifie que les critiques faites devant ses collègues sont son déclencheur numéro un. La prochaine fois qu'une réunion à risque approche, il se prépare mentalement : « si ça arrive aujourd'hui, je respire et je réponds après la réunion, pas sur l'instant » — une préparation qui change tout le jour venu.